Diagnostic plomb : tout savoir sur le CREP et ses obligations

Vous vendez ou louez un bien immobilier construit avant 1949 ? Le diagnostic plomb, aussi appelé CREP (Constat de Risque d’Exposition au Plomb), figure parmi les diagnostics immobiliers obligatoires. Ce document protège les futurs occupants contre l’exposition au plomb, un métal toxique encore présent dans certaines peintures anciennes. Entre durée de validité, prix et obligations légales, cette expertise mérite qu’on s’y attarde. Dans cet article, vous découvrirez qui est concerné, comment se déroule l’intervention d’un diagnostiqueur certifié, combien ça coûte, et surtout ce qui vous attend si vous négligez cette démarche.

Qu’est-ce que le diagnostic plomb (CREP) ?

Le constat de risque d’exposition au plomb constitue l’un des diagnostics techniques immobiliers les plus anciens. Créé pour lutter contre le saturnisme, cette intoxication grave liée à l’ingestion ou l’inhalation de plomb, le CREP vise à repérer la présence de plomb dans les revêtements d’un logement.

Définition et objectifs du CREP

Le diagnostic plomb mesure la concentration en plomb des peintures et revêtements muraux. Son objectif ? Informer clairement les acquéreurs ou locataires des risques potentiels. Selon l’article L. 1334-5 du Code de la santé publique, ce constat s’impose pour tous les biens immobiliers d’habitation dont le permis de construire a été délivré avant le 1er janvier 1949.

Le diagnostiqueur immobilier utilise un appareil à fluorescence X pour détecter le plomb sans détruire les surfaces. Simple et rapide, cette méthode permet d’identifier précisément les zones à risque. Le professionnel certifié analyse ensuite l’état de conservation des revêtements contenant du plomb.

Certaines zones géographiques présentent davantage de risques. Les logements anciens des centres-villes historiques concentrent souvent des cas de présence de plomb plus élevés. La dégradation du bâti accélère la dispersion des particules toxiques sous forme de poussières ou d’écailles.

La différence entre CREP, diagnostic plomb avant travaux et avant démolition

Il ne faut pas confondre le CREP avec le diagnostic plomb avant travaux. Ce dernier concerne tous les bâtiments, quelle que soit leur date de construction, dès lors que des travaux de rénovation sont prévus. Le diagnostic plomb avant travaux protège les salariés du BTP contre le risque d’exposition pendant le chantier.

Le diagnostic plomb avant démolition répond à la même logique. Il évalue l’ensemble des matériaux susceptibles de contenir du plomb : peintures certes, mais aussi canalisations, soudures, revêtements d’étanchéité. L’objectif reste identique : prévenir le risque d’intoxication par le plomb pour les intervenants et assurer une gestion appropriée des déchets.

Contrairement au CREP qui se limite aux parties à usage d’habitation, ces deux diagnostics s’étendent à l’ensemble du bâti. Ils permettent également de réaliser des travaux en toute sécurité et d’éviter la contamination de l’environnement par des poussières de plomb.

Qui est concerné par l’obligation du diagnostic plomb ?

L’obligation de faire réaliser un diagnostic plomb ne touche pas tous les propriétaires de la même manière. La date de construction du bien immobilier détermine essentiellement cette contrainte réglementaire.

Les biens construits avant 1949

Tous les logements à usage d’habitation dont le permis de construire date d’avant le 1er janvier 1949 doivent obligatoirement disposer d’un CREP. Cette date marque l’interdiction de la céruse, cette peinture au plomb largement utilisée jusqu’alors pour ses qualités couvrantes et sa résistance.

Le propriétaire doit fournir ce diagnostic aussi bien en cas de vente que lors d’une mise en location. Cette obligation concerne les maisons individuelles comme les appartements en copropriété. Pour ces derniers, le diagnostic porte sur les parties privatives du lot vendu ou loué.

Attention, les parties communes des immeubles en copropriété méritent aussi votre attention. Le syndic doit annexer un CREP au dossier technique amiante des parties communes. Cette mesure protège non seulement les copropriétaires mais également les entreprises amenées à réaliser des travaux dans ces espaces partagés.

Vente, location et autres situations

La transaction immobilière déclenche systématiquement l’obligation. Que vous vendiez ou mettiez en location votre bien immobilier, le CREP s’intègre au dossier de diagnostic technique (DDT). Ce dossier regroupe l’ensemble des diagnostics immobiliers obligatoires : DPE, diagnostic amiante, état des risques naturels et technologiques, diagnostic termites si nécessaire.

Le vendeur doit joindre le diagnostic plomb dès la promesse de vente. Sans ce document, il s’expose à des sanctions. L’acquéreur peut notamment exiger une diminution du prix ou même demander l’annulation de la vente devant le tribunal. Le propriétaire ne peut alors pas être exonéré de la garantie des vices cachés.

Pour le bailleur, l’absence de CREP dans le contrat de location constitue un manquement grave. La responsabilité pénale du propriétaire bailleur peut être engagée. Le locataire dispose du droit de saisir la justice pour obtenir une réduction du loyer ou l’annulation du bail.

Même en l’absence de transaction, certaines situations imposent le diagnostic. Les femmes enceintes et les jeunes enfants représentent des populations particulièrement vulnérables. Si un cas de saturnisme infantile est détecté dans un immeuble, l’Agence Régionale de Santé (ARS) peut exiger la réalisation d’un CREP.

Comment se déroule un diagnostic plomb ?

Le bon déroulement du diagnostic plomb repose sur le professionnalisme du diagnostiqueur et votre collaboration active. Comprendre chaque étape vous permet d’optimiser cette intervention.

Le choix d’un diagnostiqueur certifié

Seul un diagnostiqueur certifié par un organisme accrédité COFRAC peut établir un diagnostic plomb valable. Cette certification garantit ses compétences techniques et sa connaissance de la réglementation. Le professionnel doit également disposer d’une assurance responsabilité civile professionnelle.

Pour trouver un diagnostiqueur immobilier qualifié, consultez l’annuaire officiel disponible sur le site du ministère du Logement. Comparez plusieurs devis avant de vous décider. Les prix des diagnostics varient selon la superficie du bien immobilier, sa localisation et la complexité de l’intervention.

Méfiez-vous des tarifs anormalement bas. Un diagnostiqueur sérieux prend le temps nécessaire pour être réalisé correctement. Il dispose d’un matériel de mesure récent et régulièrement vérifié. N’hésitez pas à vérifier son numéro de certification et la date de validité de celle-ci.

Les étapes du repérage

Le diagnostiqueur commence par analyser les documents que vous lui transmettez. Plans, descriptifs techniques, précédents diagnostics : ces informations l’aident à préparer son intervention. Il identifie ensuite sur place toutes les unités de diagnostic, c’est-à-dire les éléments de construction recouverts de peinture.

L’appareil à fluorescence X émet des rayons qui permettent de détecter instantanément la présence de plomb et d’en mesurer la concentration. Le diagnostiqueur teste systématiquement tous les revêtements accessibles : murs, plafonds, portes, fenêtres, plinthes, volets. Il n’oublie pas les éléments fixes comme les radiateurs anciens ou les garde-corps.

Pour chaque zone testée, il note la concentration en plomb. Le seuil réglementaire est fixé à 1 mg/cm². Au-delà de cette valeur, le revêtement est considéré comme contenant du plomb. Le diagnostiqueur évalue également l’état de conservation de chaque surface : bon état, état d’usage, ou dégradé.

La durée d’intervention varie selon la taille du logement. Comptez généralement entre une et trois heures pour un appartement standard. Une maison de grande superficie nécessite davantage de temps. Le diagnostiqueur doit pouvoir accéder à toutes les pièces, y compris les caves, greniers et dépendances.

Le rapport de diagnostic

Le rapport final détaille l’ensemble des mesures effectuées. Il localise précisément les revêtements contenant du plomb et indique leur concentration. Des schémas ou photographies illustrent les zones concernées pour faciliter leur identification.

Si le diagnostic révèle la présence de plomb à des concentrations supérieures au seuil, le rapport mentionne également les facteurs de dégradation observés. Humidité, ventilation insuffisante, traces de chocs : ces éléments expliquent la détérioration des peintures et l’augmentation du risque d’exposition.

Une notice d’information sur les effets du plomb sur la santé accompagne systématiquement le rapport. Ce document rappelle les précautions à prendre, surtout pour les personnes sensibles. Il détaille les symptômes d’une éventuelle intoxication et les démarches de prévention.

Lorsque le diagnostiqueur constate un risque immédiat pour les occupants, il transmet une copie du rapport au directeur général de l’ARS. Cette transmission devient obligatoire dès que des revêtements dégradés présentent une concentration supérieure à 1 mg/cm². Le propriétaire doit alors effectuer des travaux pour supprimer le risque d’accessibilité au plomb.

Quelle est la validité du diagnostic plomb ?

La durée de validité du CREP dépend directement des résultats constatés lors du repérage. Cette règle peut surprendre, mais elle repose sur une logique sanitaire simple : si aucun plomb n’est détecté, le risque reste nul dans le temps.

Validité illimitée en l’absence de plomb

Un diagnostic plomb qui conclut à l’absence de plomb bénéficie d’une validité illimitée. Logique : si le diagnostiqueur n’a détecté aucune trace de plomb dans les revêtements, ce métal ne va pas apparaître mystérieusement par la suite. Vous pouvez donc réutiliser ce diagnostic pour toutes vos transactions futures.

Cette validité permanente représente un avantage non négligeable. Vous économisez le prix d’un nouveau diagnostic à chaque vente ou location. Conservez précieusement l’original du rapport. En cas de perte, contactez le diagnostiqueur qui l’a établi pour obtenir un duplicata.

Attention toutefois : si vous réalisez des travaux importants qui modifient les revêtements, la situation peut évoluer. Le retrait de faux plafonds ou la dépose de papiers peints peut révéler d’anciennes peintures au plomb jusqu’alors masquées. Dans ce cas, mieux vaut faire réaliser un nouveau diagnostic pour sécuriser votre transaction.

Validité limitée en cas de présence de plomb

Lorsque le diagnostic révèle la présence de plomb, sa durée de validité se réduit considérablement. Pour une vente, le CREP doit avoir été réalisé depuis moins d’un an au moment de la signature de l’acte authentique de vente. Pour une location, la validité s’étend à six ans avant la signature du bail.

Cette différence s’explique par l’évolution possible de l’état des revêtements. Des peintures en bon état peuvent se dégrader avec le temps, augmentant le risque d’exposition. La réglementation impose donc de vérifier régulièrement la situation pour les locataires.

Le propriétaire doit obligatoirement réaliser des travaux si des revêtements dégradés contiennent du plomb. Ces travaux visent soit à supprimer le risque d’exposition, soit à recouvrir définitivement les surfaces concernées. Une fois les travaux achevés, un nouveau diagnostic s’impose pour constater leur efficacité.

Ne négligez jamais les dates de validité. Un diagnostic périmé équivaut à l’absence de diagnostic. Les conséquences juridiques restent identiques : impossibilité de s’exonérer de la garantie des vices cachés pour le vendeur, responsabilité pénale pour le bailleur.

Combien coûte un diagnostic plomb ?

Le prix d’un diagnostic plomb varie sensiblement selon plusieurs critères. Contrairement à certaines idées reçues, aucun tarif réglementé n’existe. Chaque diagnostiqueur fixe librement ses honoraires.

Les facteurs qui influencent le prix

La superficie du bien immobilier constitue le premier élément déterminant. Un studio de 20 m² ne demande pas le même temps d’intervention qu’une maison de 150 m². Plus le diagnostiqueur doit analyser de surfaces, plus le coût augmente. La configuration des lieux joue également : les logements avec de nombreuses pièces nécessitent davantage de mesures.

La localisation géographique influe sur les tarifs. Les diagnostiqueurs des grandes métropoles pratiquent généralement des prix plus élevés que leurs confrères de province. L’accessibilité du bien compte aussi. Un appartement au cinquième étage sans ascenseur ou une maison isolée augmente les frais de déplacement.

L’urgence représente un autre facteur de coût. Si vous avez besoin du diagnostic dans un délai très court, préparez-vous à payer un supplément. Planifiez plutôt votre demande en amont de la mise en vente ou de la mise en location pour éviter ces surcoûts.

Fourchettes de prix indicatives

Pour un appartement de deux pièces, comptez entre 100 et 150 euros en moyenne. Une maison de trois ou quatre chambres coûte plutôt entre 150 et 250 euros. Les grandes propriétés dépassent facilement les 300 euros, notamment si plusieurs dépendances doivent être expertisées.

Certains diagnostiqueurs proposent des tarifs dégressifs lorsque vous commandez plusieurs diagnostics simultanément. Le regroupement des interventions optimise leur temps de déplacement. Profitez-en pour faire réaliser l’ensemble du dossier de diagnostic technique d’un seul coup : diagnostic amiante, DPE, diagnostic électricité, diagnostic gaz si nécessaire.

Méfiez-vous néanmoins des offres trop attractives. Un prix anormalement bas cache parfois un manque de professionnalisme ou une certification douteuse. Privilégiez toujours un diagnostiqueur sérieux qui prend le temps de faire un diagnostic complet et précis.

Les conséquences d’un diagnostic plomb positif

La détection de plomb dans votre bien immobilier ne doit pas vous alarmer outre mesure. En revanche, elle impose des obligations précises que vous devez respecter scrupuleusement.

Obligations du propriétaire

Dès que le diagnostic plomb révèle des revêtements dégradés contenant du plomb au-delà du seuil réglementaire, le propriétaire doit agir rapidement. Les travaux s’imposent pour éliminer le risque d’exposition au plomb ou neutraliser l’accessibilité des surfaces concernées.

Plusieurs solutions techniques existent. Le recouvrement constitue la méthode la plus courante : pose de plaques de plâtre, application d’un revêtement mural étanche. Cette approche empêche physiquement le contact avec les anciennes peintures au plomb. Dans certains cas, le décapage complet ou le remplacement des éléments s’avère nécessaire.

Ces travaux doivent être réalisés par des professionnels qualifiés. Le chantier génère des poussières potentiellement toxiques. Les entreprises certifiées maîtrisent les procédures de protection et de décontamination. Elles disposent aussi des équipements adaptés pour traiter et évacuer les déchets contenant du plomb vers des installations spécialisées.

Le propriétaire doit informer les occupants du logement des résultats du diagnostic et des travaux prévus. Cette information s’étend aux personnes amenées à intervenir dans le bien. Le rapport de diagnostic doit être mis à leur disposition pour qu’elles adaptent leurs modes opératoires.

Information des occupants et acquéreurs

La transparence reste absolue concernant le diagnostic plomb. Le vendeur doit annexer le CREP à la promesse de vente, puis à l’acte de vente définitif. L’acquéreur prend ainsi connaissance de l’état exact du bien avant de s’engager. Cette information lui permet d’évaluer les éventuels travaux à prévoir.

Pour les locations, le bailleur joint le diagnostic au contrat de location dès la signature du bail. Les locataires savent exactement à quoi s’attendre. Ils peuvent prendre les précautions nécessaires, surtout s’ils ont de jeunes enfants ou si une femme enceinte occupe les lieux.

L’agence immobilière a également son rôle à jouer. Elle doit mentionner l’existence et les résultats du diagnostic plomb dans l’annonce de vente ou de location. Toute dissimulation expose tous les intervenants à des poursuites.

Sanctions en cas d’absence de diagnostic

Les sanctions frappent durement les propriétaires négligents. En cas de vente sans diagnostic plomb, le vendeur ne peut s’exonérer de la garantie des vices cachés. L’acquéreur peut demander l’annulation de la vente ou une diminution du prix si des travaux s’avèrent nécessaires.

La responsabilité civile du propriétaire peut être engagée si un occupant subit une intoxication au plomb. Les dommages et intérêts accordés aux victimes atteignent parfois des montants considérables. Le saturnisme provoque des séquelles graves, notamment chez les enfants : troubles neurologiques, retards de développement, anémie.

Pour les bailleurs, la responsabilité pénale s’ajoute à la responsabilité civile. L’absence de CREP dans un contrat de bail constitue un délit. Le tribunal peut prononcer des amendes importantes. Le locataire dispose aussi du droit de demander une réduction du loyer proportionnelle au risque encouru.

Les sanctions visent également les diagnostiqueurs qui commettent des erreurs. En cas de diagnostic erroné ou incomplet, leur responsabilité professionnelle est engagée. L’acquéreur ou le locataire peut réclamer des dommages et intérêts pour le préjudice subi. C’est pourquoi le choix d’un diagnostiqueur certifié et assuré reste primordial.

Comment lire et comprendre un diagnostic plomb ?

Le rapport de diagnostic plomb peut sembler technique au premier abord. Quelques clés de lecture vous permettent pourtant de l’interpréter facilement et d’en tirer les informations essentielles.

Les informations essentielles du rapport

La première page identifie le bien diagnostiqué, le diagnostiqueur et la date d’intervention. Vérifiez que l’adresse correspond exactement à votre bien immobilier. Contrôlez également que le diagnostiqueur dispose bien d’une certification en cours de validité. Son numéro de certification et l’organisme certificateur doivent figurer clairement.

Le corps du rapport détaille pièce par pièce les mesures effectuées. Chaque unité de diagnostic fait l’objet d’une fiche précisant : sa localisation exacte, la nature du support, la concentration en plomb mesurée, et l’état de conservation du revêtement. Un classement en catégories facilite la lecture : catégorie 0 pour l’absence de plomb, catégories 1, 2 et 3 selon la concentration détectée.

Les plans ou croquis permettent de situer rapidement les zones à problème. Les photographies illustrent l’état des revêtements. Ces éléments visuels s’avèrent précieux pour les artisans qui interviendront ultérieurement. Ils peuvent préparer leur chantier en connaissance de cause.

Les seuils et classifications

Le seuil de 1 mg/cm² marque la frontière entre absence et présence de plomb. En dessous, le revêtement est considéré sans risque. Au-delà, le niveau d’exposition potentielle détermine les mesures à prendre.

La classification de l’état de conservation compte tout autant. Un revêtement contenant du plomb mais en parfait état présente peu de danger. Le risque explose en revanche quand les peintures s’écaillent, se décollent ou présentent des traces d’humidité. Les poussières et particules se dispersent alors facilement dans l’air ambiant.

Trois états types structurent l’analyse : état non dégradé (entretien courant), état d’usage (usure normale), état dégradé (altérations visibles). Cette dernière catégorie déclenche l’obligation de travaux immédiats. Elle signale aussi la transmission automatique du rapport à l’ARS quand les concentrations dépassent le seuil.

Les recommandations à suivre

La notice d’information rappelle les bonnes pratiques. Évitez de gratter ou poncer les peintures anciennes sans protection. N’arrachez jamais brutalement du papier peint qui pourrait dissimuler des couches plombées. Ces gestes anodins génèrent des nuages de poussières toxiques.

Surveillez l’état des revêtements régulièrement. Une fissure qui s’élargit, une peinture qui cloque : ces signes doivent vous alerter. Réparez rapidement les dégradations pour limiter la dispersion du plomb. Un simple nettoyage régulier des sols réduit déjà l’accumulation de poussières.

Si vous avez de jeunes enfants, redoublez de vigilance. Ils portent facilement leurs mains à la bouche et ingèrent ainsi les particules déposées sur les surfaces. Lavez fréquemment leurs mains et leurs jouets. Empêchez-les de mâchonner les éléments peints comme les rebords de fenêtres.

Diagnostic plomb et autres diagnostics immobiliers

Le diagnostic plomb s’insère dans un ensemble cohérent de contrôles visant à garantir la sécurité des transactions immobilières. Comprendre son articulation avec les autres diagnostics vous aide à constituer correctement votre dossier.

Le dossier de diagnostic technique (DDT)

Le DDT regroupe l’ensemble des diagnostics immobiliers obligatoires selon la nature de la transaction. Pour une vente, il comprend généralement : le diagnostic de performance énergétique (DPE), le diagnostic amiante, le CREP le cas échéant, l’état des risques naturels et technologiques, le diagnostic termites si la zone est concernée, les diagnostics gaz et électricité pour les installations de plus de 15 ans.

Pour une location, le dossier s’allège légèrement mais conserve les éléments essentiels à la protection des locataires. Tous ces documents doivent être remis au candidat acquéreur dès la promesse de vente, ou annexés au bail pour une location. Le DDT constitue une pièce contractuelle à part entière.

Organiser ces contrôles nécessite un minimum d’anticipation. Certains diagnostiqueurs proposent des formules groupées qui permettent d’optimiser les coûts et les délais. Une seule visite peut suffire pour établir plusieurs constats, à condition que le professionnel dispose des certifications nécessaires pour chaque domaine.

Les spécificités du diagnostic plomb

Contrairement à d’autres diagnostics, le CREP cible exclusivement les biens construits avant 1949. Cette particularité tient à l’évolution des pratiques de construction et à l’interdiction progressive de la céruse. Les biens plus récents échappent donc à cette obligation, sauf contexte particulier.

Le diagnostic plomb se distingue aussi par sa validité illimitée en cas d’absence de plomb. La plupart des autres diagnostics doivent être renouvelés périodiquement. Le DPE reste valable dix ans maximum, le diagnostic électricité trois ans pour une location, six ans pour une vente. Cette particularité du CREP simplifie la vie des propriétaires de biens anciens exempts de plomb.

L’interaction avec le diagnostic amiante mérite une attention spéciale. Ces deux matériaux dangereux peuvent coexister dans les logements anciens. Si votre bien date d’avant 1949 et qu’il contient aussi de l’amiante, la coordination des travaux devient cruciale. Les entreprises doivent maîtriser les protocoles de décontamination pour les deux substances.

FAQ : vos questions sur le diagnostic plomb

Le diagnostic plomb est-il obligatoire pour tous les logements ?

Non, seuls les logements dont le permis de construire a été délivré avant le 1er janvier 1949 nécessitent un diagnostic plomb lors d’une vente ou d’une location. Les constructions plus récentes en sont exemptées, car l’utilisation de peintures au plomb était déjà interdite pour les professionnels à cette époque.

Quelle est la durée de validité d’un diagnostic plomb ?

La validité dépend du résultat. Si aucun plomb n’est détecté, le diagnostic bénéficie d’une validité illimitée. En cas de présence de plomb, il doit dater de moins d’un an pour une vente et de moins de six ans pour une location.

Combien coûte un diagnostic plomb en moyenne ?

Le prix varie entre 100 et 300 euros selon la superficie du bien, sa localisation et la complexité de l’intervention. Les diagnostiqueurs fixent librement leurs tarifs, il est donc recommandé de comparer plusieurs devis avant de faire votre choix.

Qui peut réaliser un diagnostic plomb ?

Seul un diagnostiqueur certifié par un organisme accrédité COFRAC peut établir un diagnostic plomb valable. Le professionnel doit également disposer d’une assurance responsabilité civile professionnelle. Vous pouvez vérifier les certifications sur l’annuaire officiel du ministère du Logement.

Que faire si le diagnostic révèle la présence de plomb ?

Si des revêtements dégradés contiennent du plomb, le propriétaire doit faire réaliser des travaux pour supprimer le risque ou recouvrir les surfaces concernées. Le rapport doit être transmis aux occupants et aux personnes amenées à intervenir dans le logement. En cas de risque grave, l’ARS est automatiquement informée.

Le diagnostic plomb avant travaux est-il différent du CREP ?

Oui, le diagnostic plomb avant travaux concerne tous les bâtiments, quelle que soit leur date de construction, lorsque des travaux de rénovation ou de démolition sont prévus. Il vise à protéger les salariés du BTP et va au-delà des simples revêtements muraux, incluant canalisations, soudures et autres éléments susceptibles de contenir du plomb.

Quels sont les risques en cas d’absence de diagnostic plomb ?

Pour une vente, le vendeur ne peut s’exonérer de la garantie des vices cachés et s’expose à une annulation de la vente ou à des dommages-intérêts. Pour une location, le bailleur engage sa responsabilité pénale et le locataire peut demander une réduction du loyer ou l’annulation du bail.

Comment reconnaître une peinture au plomb ?

Impossible de l’identifier à l’œil nu. Seul un appareil à fluorescence X permet de détecter avec certitude la présence de plomb. Les peintures anciennes, notamment blanches ou de couleur vive, dans les logements d’avant 1949 sont les plus susceptibles d’en contenir.

Au-delà du diagnostic plomb : anticiper les autres contrôles obligatoires

Le diagnostic plomb n’est qu’une pièce du puzzle réglementaire. Si vous préparez une transaction immobilière, pensez dès maintenant aux autres expertises qui pourraient concerner votre bien. Un logement ancien cumule souvent plusieurs obligations : amiante, termites, état des risques. Anticiper ces contrôles vous évite les mauvaises surprises de dernière minute et sécurise votre projet de vente ou de location. Prenez le temps de dresser un état des lieux complet de vos obligations légales. Votre transaction n’en sera que plus sereine, et vos futurs acquéreurs ou locataires vous en sauront gré.

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