Investir résidence étudiante avantages inconvénients : le guide complet 2026

Vous envisagez d’investir dans l’immobilier locatif et le marché étudiant vous attire ? Les résidences étudiantes représentent aujourd’hui une option d’investissement immobilier qui séduit de nombreux investisseurs. Entre promesses de rendement locatif élevé, avantages fiscaux attractifs et gestion simplifiée, ce type de placement immobilier mérite qu’on s’y attarde. Mais comme tout investissement locatif, il comporte aussi ses zones d’ombre : frais de gestion conséquents, contraintes spécifiques et risques inhérents au marché étudiant. Dans cet article, nous allons décortiquer pour vous les véritables atouts et les limites de cet investissement pour que vous puissiez prendre une décision éclairée.

Pourquoi investir dans une résidence étudiante aujourd’hui ?

Le contexte actuel du marché immobilier français crée des conditions favorables pour ceux souhaitant investir dans le logement étudiant. La demande locative ne faiblit pas : chaque année, des centaines de milliers d’étudiants cherchent un toit dans les grandes villes universitaires. Cette tension sur le marché locatif étudiant garantit un taux d’occupation élevé, surtout dans les métropoles comme Paris, Lyon, Toulouse ou Bordeaux.

Contrairement à un investissement immobilier classique, la résidence étudiante propose un modèle clé en main. Vous achetez un bien immobilier meublé, généralement un studio ou une petite surface, au sein d’une résidence gérée par un exploitant professionnel. Ce gestionnaire se charge de tout : recherche de locataires, encaissement des loyers, entretien des parties communes et même de votre logement. Cette formule séduit particulièrement les investisseurs qui ne souhaitent pas s’impliquer dans la gestion locative au quotidien.

Le dispositif permet également de bénéficier du statut de loueur en meublé non professionnel. Ce régime fiscal avantageux offre des possibilités de défiscalisation intéressantes, notamment via l’amortissement du bien et du mobilier. Pour un investisseur cherchant à constituer un patrimoine immobilier tout en optimisant sa fiscalité, cette option mérite attention.

Les avantages indéniables de l’investissement en résidence étudiante

Une rentabilité locative attractive

Parlons chiffres. Le rendement locatif d’une résidence étudiante oscille généralement entre 3,5 % et 5,5 % brut annuel, selon la localisation et le type de bien immobilier. Ce taux de rentabilité dépasse souvent celui d’un investissement locatif classique dans le même secteur. Pourquoi ? Parce que les studios en résidence étudiante affichent des loyers au mètre carré plus élevés que les appartements traditionnels.

Cette rentabilité brute s’explique aussi par l’effet de levier du crédit immobilier. En empruntant pour financer votre achat immobilier, vous pouvez réaliser un investissement avec un apport personnel limité. Les mensualités du prêt immobilier sont en grande partie couvertes par les loyers perçus, ce qui vous permet de constituer un patrimoine immobilier progressivement sans amputer drastiquement votre capacité d’épargne mensuelle.

Attention toutefois : la rentabilité nette, celle qui compte vraiment, sera inférieure une fois déduits les frais de gestion, les charges de copropriété, la taxe foncière et l’éventuel endettement. Un calcul de rentabilité rigoureux s’impose avant de vous engager.

Des avantages fiscaux non négligeables

Le régime du loueur en meublé non professionnel constitue l’un des piliers attractifs de ce placement immobilier. Contrairement aux revenus fonciers classiques, les revenus locatifs issus d’une location meublée relèvent des bénéfices industriels et commerciaux. Cette différence de régime fiscal change tout.

Concrètement, vous pouvez déduire de vos revenus locatifs non seulement les charges réelles (intérêts d’emprunt, taxe foncière, frais de gestion, assurances) mais aussi pratiquer l’amortissement du bien immobilier et du mobilier. Cet amortissement permet de réduire significativement, voire d’annuler, l’impôt sur le revenu lié aux loyers perçus pendant plusieurs années. Une aubaine pour optimiser votre fiscalité.

Deux régimes s’offrent à vous : le régime micro BIC, qui permet un abattement de 50 % sur les revenus déclarés, ou le régime réel qui autorise la déduction de toutes les charges et des amortissements. Pour un projet d’investissement dans le neuf, le régime réel s’avère généralement plus avantageux. Vous pouvez même, sous certaines conditions, récupérer la TVA sur le prix d’achat, ce qui diminue considérablement votre prix de revient initial.

Une gestion déléguée qui simplifie la vie

Avouons-le, gérer un bien locatif peut vite devenir chronophage. Entre la recherche de locataires, la rédaction des baux, les états des lieux, les relances d’impayés et l’entretien, vous pouvez rapidement y passer plusieurs heures par semaine. Avec une résidence étudiante, tout cela disparaît.

L’exploitant de la résidence services prend en charge l’intégralité de la gestion locative. Vous signez avec lui un bail commercial d’une durée généralement comprise entre 9 et 12 ans. Ce bail vous garantit le versement d’un loyer fixe, que votre studio soit occupé ou non. Cette sécurité constitue un avantage considérable : vous percevez vos revenus locatifs même pendant les périodes de vacance estivale, alors que la demande locative étudiante diminue naturellement.

Cette tranquillité a néanmoins un prix : les frais de gestion représentent habituellement entre 15 % et 25 % des loyers perçus. Certains gestionnaires prélèvent même davantage. Ces coûts viennent amputer votre rentabilité nette et constituent l’un des inconvénients majeurs de ce type d’investissement, comme nous le verrons plus loin.

Un marché porté par une demande structurelle

La France compte près de 3 millions d’étudiants. Chaque année, ce chiffre progresse légèrement, tiré par la démographie et l’attrait des études supérieures. Cette population étudiante a besoin de se loger, et les logements universitaires publics ne suffisent pas à absorber la demande. Le marché locatif étudiant privé reste donc dynamique, particulièrement dans les grandes villes universitaires.

Cette demande locative structurelle constitue une garantie de pérennité pour votre investissement. Tant que les universités et grandes écoles continueront d’attirer des jeunes, votre studio pourra être loué. Cette stabilité du marché rassure les investisseurs, d’autant que le turnover élevé des étudiants (départs en fin de cursus, mobilité) est géré par l’exploitant sans que vous ayez à vous en préoccuper.

Les inconvénients à ne pas sous-estimer

Des frais de gestion particulièrement élevés

Revenons sur ce point épineux. Les frais prélevés par le gestionnaire constituent le principal frein à la rentabilité réelle d’un investissement en résidence étudiante. Entre 15 % et 25 % de vos loyers partent directement dans l’escarcelle de l’exploitant. Sur une décennie, cela représente des sommes conséquentes qui réduisent significativement votre rendement net.

Contrairement à un investissement locatif classique où vous pourriez décider de gérer vous-même le bien pour économiser ces frais, ici vous n’avez pas le choix. Le modèle même de la résidence étudiante repose sur cette gestion déléguée. Vous êtes donc pieds et poings liés avec l’exploitant. Si celui-ci décide d’augmenter ses honoraires (ce qui arrive), vous devrez accepter ou revendre.

À ces frais s’ajoutent les charges de copropriété, souvent plus élevées que dans un immeuble classique en raison des espaces communs (salle de sport, laverie, espaces de coworking) et de leurs coûts d’entretien. Au final, votre marge se réduit comme peau de chagrin.

La dépendance totale à l’exploitant

Votre sort est lié à celui du gestionnaire. Si l’exploitant fait faillite ou se retire du marché, vous vous retrouvez avec un bien immobilier certes meublé mais sans gestionnaire. Il faudra alors trouver un nouvel exploitant acceptant de reprendre la gestion, ce qui n’est pas toujours évident, ou vous lancer vous-même dans la location, ce pour quoi vous n’êtes peut-être pas préparé.

Cette dépendance crée une vulnérabilité. Vous ne maîtrisez pas votre investissement comme vous le feriez avec un appartement classique. Les décisions stratégiques (montant du loyer, type de locataires ciblés, travaux d’amélioration) ne vous appartiennent plus. Vous êtes spectateur plutôt qu’acteur de votre propre patrimoine immobilier.

Autre point de vigilance : certains exploitants peu scrupuleux peuvent proposer des baux commerciaux désavantageux, avec des clauses de révision de loyer défavorables ou des pénalités en cas de rupture anticipée du bail. La lecture attentive du contrat par un professionnel du droit immobilier est indispensable avant de signer.

Un marché de la revente moins liquide

Revendre un studio en résidence étudiante s’avère souvent plus compliqué qu’un bien immobilier traditionnel. Le bassin d’acquéreurs potentiels est plus restreint : vous ne vendez pas à quelqu’un cherchant sa résidence principale, mais à un autre investisseur. Cette spécificité du marché peut allonger les délais de vente et vous obliger à baisser votre prix pour trouver preneur.

La plus-value à la revente n’est pas toujours au rendez-vous. Le prix d’acquisition inclut déjà une marge pour le promoteur, souvent conséquente dans le neuf. Ajoutez à cela les frais de notaire, qui représentent environ 7 % à 8 % sur un logement neuf, et vous comprendrez qu’il faut du temps pour rentabiliser son investissement et dégager une plus-value significative lors de la revente.

De plus, le marché immobilier des petites surfaces en résidence étudiante fluctue selon les zones géographiques. Une ville universitaire dynamique aujourd’hui peut connaître un déclin si une université déménage ou si l’attractivité locale diminue. Ce risque de marché existe, même s’il reste limité dans les grandes métropoles.

Des loyers plafonnés et une réglementation stricte

Dans certaines zones tendues, les loyers peuvent être encadrés par la législation locale. Cela limite votre capacité à augmenter les revenus locatifs au fil des années. Même sans encadrement strict, le bail commercial signé avec l’exploitant fixe le montant du loyer pour toute sa durée, avec des conditions de révision souvent moins favorables qu’une location classique.

Le cadre réglementaire du statut LMNP impose également des obligations. Vous devez respecter des plafonds de revenus pour conserver ce statut (environ 23 000 € de loyers perçus par an ou moins de 50 % de vos revenus globaux). Au-delà, vous basculez en loueur meublé professionnel avec des contraintes fiscales et sociales différentes.

La fiscalité peut également évoluer défavorablement. Les gouvernements successifs ajustent régulièrement les dispositifs fiscaux. Ce qui est avantageux aujourd’hui peut le devenir moins demain. Cette incertitude législative constitue un risque à prendre en compte dans votre calcul de rentabilité à long terme.

Des petites surfaces pas toujours faciles à valoriser

Les studios en résidence étudiante sont souvent de petites surfaces, parfois très petites : 18 m², 20 m², rarement plus de 25 m². Ces dimensions réduisent mécaniquement le prix d’achat, ce qui peut sembler attractif pour un premier investissement. Mais elles limitent aussi les possibilités de transformation et la valeur à la revente.

Contrairement à un appartement plus spacieux que vous pourriez réaménager pour augmenter sa valeur, un studio de 18 m² offre peu de marge de manœuvre. Vous ne pourrez pas créer une chambre supplémentaire ou repenser l’agencement pour séduire une autre catégorie de locataires. Vous êtes coincé avec un produit très spécifique, destiné uniquement au marché étudiant.

Cette spécialisation constitue à la fois la force et la faiblesse de ce placement immobilier. Elle vous assure une clientèle ciblée, mais elle vous enferme aussi dans un segment de marché unique, sans possibilité de diversification d’usage.

Résidence étudiante ou location classique : quel choix faire ?

Face à ces éléments, vous vous demandez peut-être s’il ne serait pas plus judicieux d’opter pour un investissement locatif traditionnel plutôt qu’une résidence étudiante. La réponse dépend de votre profil d’investisseur et de vos objectifs patrimoniaux.

Exemple concret : comparaison à Rennes

Pour y voir plus clair, prenons un cas pratique dans une ville universitaire dynamique comme Rennes. Cette métropole bretonne accueille près de 70 000 étudiants chaque année et offre un marché locatif attractif. Comparons deux options d’investissement en LMNP.

Option 1 : Studio en résidence étudiante gérée

Prix d’achat : 120 000 € (studio de 20 m² livré meublé dans une résidence neuve proche du campus de Beaulieu). Frais de notaire : 9 600 € (8 %). Montant total de l’investissement : 129 600 €. Loyer mensuel garanti par bail commercial : 450 € soit 5 400 € annuels. Frais de gestion prélevés par l’exploitant : 20 % soit 1 080 €. Charges de copropriété annuelles : 800 €. Taxe foncière : 450 €. Rendement brut : 4,5 %. Après déduction des frais de gestion et charges, revenus nets avant impôts : 3 070 €. Rendement net : 2,37 %.

Option 2 : Studio en gestion libre

Prix d’achat : 95 000 € (studio de 22 m² dans l’ancien rénové, quartier centre-ville proche de la gare). Frais de notaire : 7 600 € (8 %). Travaux de rafraîchissement et ameublement : 8 000 €. Montant total de l’investissement : 110 600 €. Loyer mensuel pratiqué : 520 € soit 6 240 € annuels (loyer au mètre carré plus élevé car gestion directe et bien situé). Charges de copropriété annuelles : 650 €. Taxe foncière : 420 €. Assurance loyers impayés : 3 % des loyers soit 187 €. Gestion locative si déléguée à une agence (optionnel) : 7 % soit 437 €. Rendement brut : 5,64 %. Si vous gérez vous-même, revenus nets avant impôts : 4 983 €, rendement net : 4,50 %. Si vous déléguez à une agence, revenus nets avant impôts : 4 546 €, rendement net : 4,11 %.

Le verdict financier

Sur le papier, le studio en gestion libre offre un rendement net supérieur de près de 2 points si vous gérez vous-même, et de 1,74 point même en déléguant à une agence. Sur 10 ans, cette différence représente plusieurs milliers d’euros de revenus locatifs supplémentaires. L’investissement initial est également moins élevé de 19 000 €, ce qui améliore votre taux de rendement interne.

Mais attention, ces chiffres ne racontent pas toute l’histoire. Avec la résidence étudiante, vous avez la garantie de percevoir vos 450 € mensuels même pendant les deux mois d’été où votre studio reste vide. Avec le studio en gestion libre, vous subissez la vacance locative. Si votre bien reste vide deux mois par an, vous perdez 1 040 € de loyers, ce qui ramène vos revenus annuels à 5 200 € et votre rendement net à 3,82 % en gestion directe.

Autre élément à considérer : le temps passé. Gérer un studio, même avec une agence, nécessite de votre part de la disponibilité pour les visites, les états des lieux, le suivi des travaux éventuels et la gestion des relations avec le locataire. Avec la résidence étudiante, vous ne faites strictement rien. Cette tranquillité a une valeur qu’il est difficile de chiffrer mais qui peut s’avérer précieuse si vous avez une vie professionnelle chargée ou si vous habitez loin de Rennes.

Enfin, n’oubliez pas la fiscalité. Dans les deux cas, vous bénéficiez du statut LMNP et de ses avantages en matière d’amortissement. La différence se jouera surtout sur les charges déductibles. En gestion libre, vous déduirez vos frais réels (intérêts d’emprunt, travaux, assurance). En résidence gérée, les frais de gestion de 20 % viennent également en déduction, ce qui peut paradoxalement améliorer votre optimisation fiscale.

Si vous recherchez avant tout la tranquillité et que vous n’avez ni le temps ni l’envie de gérer un bien locatif, la résidence étudiante garde ses attraits. La gestion déléguée, malgré son coût, vous libère totalement des contraintes quotidiennes. Vous percevez vos loyers chaque mois sans lever le petit doigt.

En revanche, si vous visez une rentabilité maximale et que vous êtes prêt à vous impliquer dans la gestion, un appartement classique en location meublée vous offrira probablement un meilleur rendement net. Vous économiserez les frais d’exploitation et vous garderez le contrôle total sur votre bien immobilier. Vous pourrez ajuster les loyers selon le marché, choisir vos locataires et optimiser les charges.

Pour un investisseur débutant sans apport personnel, la résidence étudiante peut constituer une porte d’entrée accessible dans l’immobilier locatif. Les banques financent généralement bien ce type de projet, rassuré par le modèle de gestion professionnelle et le bail commercial. Votre capacité d’endettement sera plus facilement mobilisable.

Pour un investisseur aguerri cherchant à diversifier son portefeuille, mixer résidence étudiante et autres types d’investissements immobiliers peut être une stratégie pertinente. Cette diversification permet de répartir les risques tout en profitant des avantages spécifiques de chaque catégorie de biens immobiliers.

Les zones géographiques à privilégier

Tous les marchés immobiliers ne se valent pas pour investir dans une résidence étudiante. La localisation reste le critère numéro un de réussite de votre investissement immobilier. Privilégiez les grandes villes universitaires qui concentrent un nombre important d’étudiants et qui affichent une attractivité durable.

Paris et sa région restent évidemment des valeurs sûres, malgré des prix d’acquisition élevés qui peuvent rebuter. Lyon, Toulouse, Bordeaux, Lille, Nantes, Montpellier ou Strasbourg offrent également d’excellentes opportunités avec un meilleur rapport qualité-prix. Ces métropoles disposent de grandes universités, d’écoles de commerce et d’ingénieurs, et d’un bassin d’emploi dynamique qui attire chaque année des milliers de nouveaux étudiants.

Méfiez-vous en revanche des petites villes universitaires dont l’économie repose principalement sur une seule institution d’enseignement. En cas de fermeture ou de délocalisation, votre investissement pourrait se retrouver sans demande locative du jour au lendemain.

Étudiez aussi la proximité avec les campus universitaires et les transports en commun. Un studio situé à 10 minutes à pied d’une faculté ou à proximité d’une station de métro sera toujours plus attractif qu’un logement excentré nécessitant 45 minutes de trajet. Cette accessibilité impacte directement le taux d’occupation et donc votre rentabilité.

Les pièges à éviter absolument

Certaines erreurs peuvent transformer un investissement prometteur en gouffre financier. Premier piège : acheter sur plan sans visiter la résidence similaire du promoteur ni vérifier la réputation de l’exploitant. Tous les gestionnaires ne se valent pas. Renseignez-vous sur leur solidité financière, leur ancienneté sur le marché et les retours d’autres investisseurs.

Deuxième écueil : négliger le calcul complet de la rentabilité nette. Ne vous fiez pas uniquement au rendement brut annoncé par le vendeur. Intégrez tous les coûts : frais de gestion, charges de copropriété, taxe foncière, assurances, mensualités d’emprunt, prélèvements sociaux. C’est seulement ainsi que vous obtiendrez une vision réaliste de ce que votre investissement vous rapportera réellement.

Troisième erreur : surestimer les avantages fiscaux. Certes, le statut LMNP permet une défiscalisation intéressante, mais celle-ci ne doit pas être le seul moteur de votre décision. Un investissement déficitaire ne deviendra jamais rentable, même avec la meilleure optimisation fiscale du monde. L’économie d’impôt vient en complément d’un projet déjà équilibré financièrement, pas en substitution.

Quatrième piège : acheter trop cher. Dans le neuf, les prix incluent la marge du promoteur et sont souvent surévalués par rapport au marché. Comparez avec les prix de l’immobilier ancien dans le même secteur. Si l’écart est trop important, vous risquez de mettre des années à amortir ce surcoût et de perdre de l’argent à la revente.

Enfin, dernière erreur : négliger la lecture du bail commercial. Ce document fixe vos droits et obligations pour de nombreuses années. Faites-le relire par un avocat spécialisé en droit immobilier. Vérifiez les clauses de révision de loyer, les conditions de résiliation, les obligations de travaux et les garanties en cas de défaillance de l’exploitant.

FAQ : vos questions sur l’investissement en résidence étudiante

Quel budget prévoir pour investir dans une résidence étudiante ?

Le montant de l’investissement varie considérablement selon la localisation. Comptez entre 80 000 € et 150 000 € pour un studio dans une ville de province, et entre 150 000 € et 300 000 € dans les grandes métropoles ou à Paris. À ce prix d’acquisition, ajoutez les frais de notaire (environ 7 % à 8 % dans le neuf) et éventuellement les frais de dossier bancaire. Avec un apport personnel de 10 % à 20 % du montant total, vous pourrez généralement obtenir un financement bancaire pour le reste.

Peut-on obtenir un crédit immobilier sans apport pour ce type d’investissement ?

Investir sans apport reste possible mais plus difficile qu’il y a quelques années. Les banques sont devenues plus prudentes et exigent généralement un apport minimal pour couvrir au moins les frais de notaire. Toutefois, si vous disposez d’une situation financière solide, de revenus stables et d’une capacité d’endettement confortable, certains établissements acceptent encore de financer à 110 % (prix d’achat + frais). La présence d’un bail commercial sécurisant les revenus locatifs joue en votre faveur.

Combien de temps faut-il conserver son bien pour que l’investissement soit rentable ?

La durée de détention recommandée est d’au moins 10 à 15 ans. Ce délai permet d’amortir les frais d’entrée (frais de notaire, frais de dossier), de profiter pleinement de l’amortissement fiscal et de laisser le temps à la valeur du bien de s’apprécier. Une revente trop précoce vous ferait perdre de l’argent, surtout si vous avez acheté dans le neuf avec une décote initiale par rapport au marché. L’immobilier est un investissement de long terme qui nécessite patience et vision patrimoniale.

Que se passe-t-il si l’exploitant fait faillite ?

C’est le scénario redouté de tout investisseur en résidence étudiante. Si l’exploitant dépose le bilan, le bail commercial prend fin. Vous restez propriétaire de votre bien immobilier, mais vous devez trouver une solution pour continuer à le louer. Soit un nouvel exploitant reprend la gestion de la résidence, soit vous devez gérer vous-même la location en direct, ce qui implique de meubler à nouveau le logement si le mobilier appartenait à l’ancien gestionnaire. Pour limiter ce risque, privilégiez les grands groupes solides ayant fait leurs preuves et vérifiez leur santé financière avant d’investir.

Les résidences étudiantes sont-elles concernées par l’encadrement des loyers ?

L’encadrement des loyers s’applique dans certaines zones tendues et concerne principalement les locations vides ou meublées classiques destinées à servir de résidence principale au locataire. Les résidences étudiantes gérées, relevant d’un bail commercial entre vous et l’exploitant, échappent généralement à ce dispositif. Le loyer est fixé contractuellement dans le bail commercial et révisé selon l’indice qui y est mentionné. Néanmoins, la réglementation évolue régulièrement et il convient de se tenir informé des évolutions législatives.

Est-il possible de loger son propre enfant dans le studio acheté ?

Techniquement, vous êtes propriétaire du bien immobilier, donc rien ne vous empêche d’y loger votre enfant. Toutefois, dans le cadre d’une résidence étudiante gérée, c’est l’exploitant qui choisit les locataires selon ses critères. Vous ne pouvez pas imposer votre enfant comme occupant sans l’accord du gestionnaire. De plus, si vous le faisiez, vous perdriez le bénéfice du régime LMNP puisque vous n’encaisseriez pas de loyer de marché. Ce type d’investissement n’est donc pas adapté si votre objectif principal est de loger votre propre famille.

Résidence étudiante et stratégie patrimoniale globale

Au-delà des considérations purement financières, l’investissement en résidence étudiante doit s’inscrire dans une réflexion patrimoniale plus large. Comment ce placement s’articule-t-il avec vos autres actifs ? Quelle place occupe-t-il dans votre stratégie de préparation de la retraite ou de constitution d’un patrimoine transmissible ?

La résidence étudiante peut constituer un premier pas vers la constitution d’un patrimoine immobilier diversifié. Une fois ce premier investissement stabilisé et rentable, vous pourrez envisager d’acquérir d’autres biens : un appartement familial en location classique, une résidence de tourisme, voire des parts de SCPI pour diversifier encore davantage votre exposition au marché immobilier.

Pensez aussi à la transmission. Un bien immobilier loué et générant des revenus réguliers peut être transmis à vos enfants dans le cadre d’une donation-partage ou d’une succession. Le régime fiscal de la transmission immobilière reste globalement favorable, surtout si vous anticipez et organisez cette transmission de votre vivant avec l’aide d’un notaire et d’un conseiller en gestion de patrimoine.

N’oubliez pas non plus l’importance de la liquidité. Un patrimoine entièrement immobilisé dans la pierre peut poser problème si vous avez besoin de liquidités rapidement. Gardez une partie de votre épargne sur des supports plus liquides (assurance-vie, livrets, actions) pour faire face aux imprévus sans être contraint de brader un bien immobilier dans l’urgence.

Et si vous envisagiez plutôt les résidences seniors ?

Puisque vous vous intéressez à l’investissement en résidences gérées, vous vous êtes peut-être déjà demandé si les résidences seniors ne constituaient pas une alternative intéressante. Après tout, le modèle est similaire : achat d’un bien meublé, gestion déléguée à un exploitant, bail commercial, statut LMNP…

Les résidences seniors présentent quelques différences notables. Le public cible est évidemment différent : des personnes âgées autonomes plutôt que des étudiants. Le taux d’occupation peut être plus stable puisque les résidents restent généralement plusieurs années, contrairement aux étudiants qui bougent fréquemment. En revanche, le marché des résidences seniors est plus récent et moins mature, avec parfois une offre qui dépasse la demande dans certaines zones.

Les loyers en résidences seniors sont souvent plus élevés qu’en résidences étudiantes, ce qui peut améliorer la rentabilité. Mais les prix d’achat le sont également. Le calcul final dépend donc fortement de la localisation et des conditions proposées par le promoteur et l’exploitant. Une étude comparative approfondie s’impose avant de trancher entre ces deux types de résidences services.

Au-delà de ces considérations financières, il y a aussi une dimension personnelle à prendre en compte. Certains investisseurs se sentent plus à l’aise avec l’idée de loger des étudiants, d’autres préfèrent contribuer au bien-être de personnes âgées. Cette dimension humaine, souvent négligée dans les discours purement financiers, compte pourtant dans la satisfaction que vous tirerez de votre investissement sur le long terme.

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