Un message de votre agence ou un courrier vient d’arriver : un acquéreur potentiel propose de vous acheter votre bien, mais à un montant sensiblement plus bas que celui affiché. Que faire ? Accepter par lassitude, refuser en bloc, ou répondre par un autre chiffre ? Dans la grande majorité des cas, la meilleure réaction consiste à négocier une contre-proposition, c’est-à-dire à répondre à l’acheteur par un montant et des conditions que vous maîtrisez. Ce guide s’adresse aux propriétaires qui vendent, souvent pour la première fois : vous y trouverez le mécanisme juridique, les étapes à suivre, un modèle de courrier, des exemples chiffrés et les pièges à éviter dans une vente immobilière.
Qu’est-ce qu’une contre-proposition en vente immobilière ?
Quand un candidat remet son offre d’achat, il fait une première proposition : un montant, parfois un mode de financement, une date de signature. Le vendeur n’est jamais obligé d’y souscrire. La contre-proposition (on parle aussi de contre-offre) est sa réponse officielle : il refuse les termes initiaux mais propose d’autres termes, plus favorables, sur lesquels l’acheteur peut à son tour s’engager.
Sur le plan du droit des contrats, la mécanique est simple. Une acceptation qui ne correspond pas exactement à ce qui était proposé ne conclut rien : elle est analysée comme une offre nouvelle. Autrement dit, dès que vous répondez avec un prix différent, la première proposition tombe, et c’est désormais à l’autre partie de décider. Voilà pourquoi il faut savoir négocier une contre-proposition avec méthode, et non au feeling.
| Réponse du vendeur | Effet juridique | Conséquence pratique |
|---|---|---|
| Accepter telle quelle | Les volontés se rencontrent : l’accord est formé | On passe à l’avant-contrat |
| Refuser | L’offre est écartée, aucune obligation | L’acheteur peut revenir avec une autre approche |
| Faire une contre-proposition | Nouvelle offre qui remplace la précédente | La main passe à l’acheteur, qui accepte, refuse ou renégocie |
| Ne pas répondre | Rien n’est conclu ; l’offre s’éteint à l’expiration de sa durée | Risque de perdre un candidat sérieux |
Cette dernière ligne mérite d’être soulignée : le silence ne vaut jamais acceptation, mais il vexe et il refroidit. Une réponse à une offre, même négative, reste la marque de politesse la plus rentable, et la plus simple à rédiger.
Dans quels cas et à quel moment faire une contre-proposition ?
Le réflexe est de répondre vite. Il vaut mieux répondre bien. Certaines situations appellent presque toujours une contre-proposition, d’autres plutôt un refus net ou une acceptation immédiate.
- Offre inférieure à votre attente, mais crédible : l’acheteur est sérieux, financé, et l’écart est réductible. C’est le cas typique.
- Offre comportant des conditions que vous ne voulez pas : délai très long avant signature, demande de travaux, ou financement incertain.
- Plusieurs candidats : vous pouvez demander à chacun de formuler sa meilleure proposition avant de trancher.
- Offre vraiment trop basse : si l’écart est abyssal, un refus poli, assorti d’une explication, évite de perdre du temps ; la contre-proposition n’a de sens que si un terrain d’entente existe.
Côté calendrier, mieux vaut répondre dans un délai court, en pratique quelques jours, tant que l’acheteur est encore mobilisé sur votre bien. Attendre une semaine « pour faire monter la pression » se retourne souvent contre le vendeur : pendant ce temps, l’intéressé visite autre chose.
Préparer sa réponse : évaluation du bien et repères de marché
Négocier sans chiffres, c’est négocier à l’aveugle. Avant toute réponse à une offre, il faut savoir précisément ce que vaut votre logement, et surtout jusqu’où vous pouvez descendre sans renoncer à votre projet.
Réaliser une évaluation du bien sérieuse
Une évaluation du bien solide croise plusieurs sources : l’avis écrit de deux ou trois professionnels, les ventes récemment conclues dans le même quartier pour des logements comparables, et une visite critique de votre propre annonce (photos, état, diagnostics). Plus vous êtes précis sur ce qui justifie votre prix, plus vous résisterez aux demandes de rabais fondées sur des impressions.
Se situer par rapport au prix du marché
Votre prix de vente est-il aligné sur le prix du marché local ? C’est la première question que se pose l’acquéreur potentiel, et il a souvent comparé plusieurs annonces avant de se manifester. Un bien affiché nettement au-dessus du marché se négocie fortement ; un bien correctement positionné supporte une discussion limitée. Les références de marché varient d’une commune à l’autre : demandez à un professionnel du secteur plutôt que de vous fier à une moyenne nationale.
Définir votre marge de négociation
Avant même de recevoir la moindre proposition, fixez trois chiffres : le montant que vous espérez, le montant que vous accepteriez de bon cœur, et le plancher en dessous duquel vous préférez ne pas vendre. L’écart entre le prix affiché et le plancher constitue votre marge de négociation réelle. Elle n’a rien d’universel : elle dépend de la tension du marché, de l’état du logement et de votre urgence.
Marge de négociation (%) = (prix affiché − prix accepté) ÷ prix affiché × 100
Pour illustrer, imaginons un appartement affiché 300 000 €. Les montants ci-dessous sont des exemples pédagogiques, pas des données de marché.
| Étape | Montant | Commentaire |
|---|---|---|
| Prix affiché | 300 000 € | Base de la discussion |
| Première offre de l’acquéreur | 270 000 € | Soit 10 % sous l’affichage |
| Contre-proposition du vendeur | 290 000 € | Concession mesurée, avec geste sur la date de signature |
| Nouvelle proposition de l’acquéreur | 280 000 € | Il se rapproche, sans atteindre le plancher |
| Accord final | 285 000 € | Marge de négociation consentie : 5 % |
Ce déroulé montre l’essentiel : chaque camp bouge par paliers décroissants, et celui qui concède trop vite en premier fixe la tendance pour la suite.
Les étapes pour formaliser une contre-proposition
Une contre-proposition efficace n’est pas une phrase lancée au téléphone. La lettre de contre-proposition reste le support de référence. Elle se prépare, se rédige et se trace. Voici le parcours à suivre pour négocier une contre-proposition proprement.
- Relire l’offre en détail : prix, mode de financement, date visée, éventuels critères de l’offre comme le maintien de meubles ou des travaux demandés.
- Vérifier le sérieux du candidat : financement, accord de principe de la banque, situation personnelle.
- Décider de votre réponse : un nouveau prix, mais aussi, si utile, un délai ou une condition supplémentaire.
- Rédiger la contre-proposition par écrit et la faire transmettre, directement ou par l’agence.
- Fixer une durée de validité et attendre la réponse sans négocier en parallèle de manière contradictoire.
- Formaliser l’accord : dès que les deux parties s’entendent sur l’essentiel, on signe l’avant-contrat chez le notaire ou en agence.
Si votre bien est confié à un agent immobilier ou à une agence, le professionnel transmet vos réponses et celles de l’acheteur ; sa réponse à une offre doit toujours être validée par vous au préalable. N’hésitez pas à lui demander un compte rendu précis de chaque échange : il est tenu de vous communiquer toutes les offres reçues, même celles qui vous paraissent décevantes.
Règles légales : délai, forme et valeur juridique
Un délai de validité à respecter
Toute proposition sérieuse comporte un délai de validité : « cette offre est valable jusqu’au… ». Tant que ce délai court, son auteur ne peut pas la retirer sans en subir les conséquences. À défaut de mention, la règle est qu’elle doit rester ouverte pendant un temps raisonnable. Pour une contre-proposition, la même logique s’applique : indiquez toujours une date limite précise, par exemple quatre à cinq jours, afin d’éviter l’ambiguïté et de maintenir un rythme.
La forme : écrit conseillé, lettre recommandée possible
Aucun texte n’impose une forme particulière pour répondre à une proposition d’achat. En pratique, l’écrit est indispensable, car il prouve ce qui a été dit. Un courriel, un courrier remis en main propre ou une lettre recommandée conviennent. Le recommandé avec accusé de réception offre la meilleure trace de la date de remise, et reste utile lorsque la relation devient tendue.
La valeur juridique : un engagement, mais pas une vente
Une contre-proposition acceptée dans son délai engage les deux parties sur le principe de la vente, mais elle ne remplace pas l’avant-contrat. C’est le compromis ou la promesse de vente qui fixe l’ensemble des conditions : prix, calendrier, diagnostics, financement. Pour un acquéreur non professionnel, la signature de l’avant-contrat ouvre ensuite un délai de rétractation de dix jours, pendant lequel il peut renoncer sans motif. Le transfert de propriété n’intervient qu’à la signature de l’acte authentique chez le notaire.
| Document | Valeur | À retenir |
|---|---|---|
| Offre d’achat écrite | Proposition ferme si elle précise prix et durée | Peut être retirée seulement selon les règles de sa durée |
| Contre-proposition | Nouvelle offre qui remplace la première | Elle doit fixer son propre délai |
| Avant-contrat (compromis ou promesse) | Engage les parties sur l’ensemble des modalités | Ouvre le délai de rétractation de l’acquéreur |
| Acte authentique | Transfert de propriété | Signé chez le notaire, avec paiement du prix |
Les règles précises peuvent dépendre de votre situation, par exemple un mandat exclusif ou un bien en copropriété : en cas de doute, un notaire tranchera avant que vous ne vous engagez par écrit.
Modèle de lettre de contre-proposition
Une bonne lettre de contre-proposition est courte, factuelle et courtoise. Elle remercie, reprend les termes de l’offre, annonce le nouveau prix et fixe une date limite. Voici un modèle à adapter, qui peut être envoyé par courriel ou par courrier.
Objet : réponse à votre proposition d’achat du [date] – bien situé [adresse]
Madame, Monsieur,
Je vous remercie de l’intérêt que vous portez à mon bien et de votre proposition de [montant] €.
Après réflexion, je ne peux pas y donner suite aux conditions proposées. Je vous fais en revanche la contre-proposition suivante : vente au prix net vendeur de [montant] €, signature de l’avant-contrat avant le [date], et [autre condition éventuelle].
Cette contre-proposition reste valable jusqu’au [date et heure]. Passé ce délai, elle sera caduque de plein droit.
Je reste à votre disposition pour en discuter et vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.
[Nom, prénom, coordonnées]
La lettre de contre-proposition gagne à rester sobre. Gardez le ton neutre : il n’est pas nécessaire de justifier longuement votre prix. Une phrase sur le caractère du bien (rénovation récente, emplacement, exposition) suffit à appuyer le montant demandé.
Négocier selon le profil de l’acheteur
Une même réponse produit des effets très différents selon la personne qui la reçoit. Adapter vos stratégies de négociation au profil de l’acheteur augmente nettement vos chances d’aboutir sans sacrifier votre prix.
| Profil d’acquéreur | Ce qui compte pour lui | Stratégie conseillée |
|---|---|---|
| Primo-accédant | Sécurité du financement, budget serré | Rassurer, donner du temps pour le prêt, tenir le prix avec fermeté |
| Investisseur | Rendement, état locatif | Argumenter sur les chiffres, être prêt à une concession sur le prix |
| Acheteur pressé (mutation, déménagement) | Rapidité de signature | Proposer une date courte en échange de votre prix |
| Acheteur très négociateur | Obtenir une réduction de prix | Rester sur un nombre limité de gestes et ne rien céder sans contrepartie |
| Acheteur étranger au secteur | Bien comprendre le marché local | Fournir des références de ventes comparables |
Côté marché, la logique est la même pour toutes les stratégies de négociation : en période de forte demande, vous pouvez tenir votre prix ; quand le marché se tend et que les délais de vente s’allongent, une concession mesurée vaut mieux qu’une visite supplémentaire sans lendemain.
Les arguments de vente qui font mouvoir un acheteur
Quelques arguments de vente reviennent régulièrement et pèsent sur la décision : un diagnostic énergétique satisfaisant, des travaux récents justifiés par des factures, des charges de copropriété modérées, un emplacement recherché ou un extérieur rare dans le secteur. Préparez ces éléments à l’avance et sortez-les au moment où l’acheteur conteste votre chiffre, pas avant.
Faire des gestes sans brader
Parmi les stratégies de négociation éprouvées, la plus simple tient en une règle : quand vous consentez une concession sur le prix, demandez toujours quelque chose en échange : un délai de signature plus court, une absence de clause de réserve inutile, un versement de dépôt de garantie plus conséquent. Les petites contreparties sont précieuses : elles montrent à l’acheteur que le rabais obtenu a une valeur et évitent de nouvelles demandes en cascade.
Conditions suspensives et modalités de paiement
Le chiffre ne dit pas tout : les clauses qui entourent le prix comptent autant. Les conditions suspensives sont des événements dont dépend la réalisation de la vente. Si l’un d’eux ne se produit pas, la vente est annulée sans pénalité pour l’acheteur, et son dépôt de garantie lui est restitué.
| Clause | Principe | Point de vigilance du vendeur |
|---|---|---|
| Obtention du prêt | L’acquéreur doit décrocher son financement dans un délai prévu | Durée souvent de l’ordre de 45 à 60 jours : à ne pas laisser s’étirer |
| Absence de servitude ou de préemption | La vente est subordonnée à l’absence de droit de préemption exercé | Anticiper les démarches de purge |
| Vente préalable du bien de l’acheteur | L’acheteur doit d’abord vendre son logement | Source d’incertitude : exiger un délai court |
| Obtention d’un permis ou d’une autorisation | Utile pour un terrain ou un projet de travaux | Fixer une date butoir claire |
En contre-proposition, vous pouvez donc ajuster à la fois le montant et ces clauses : refuser une condition de vente préalable, raccourcir le délai pour obtenir un prêt, ou demander un dépôt plus important. Les conditions de paiement méritent la même attention : acompte versé à la signature de l’avant-contrat, solde le jour de l’acte, éventuel paiement séquestré chez le notaire. Précisez par écrit vos conditions de paiement dès la contre-proposition. Un acheteur qui accepte vos règles de calendrier prouve souvent qu’il est sérieux ; cette acceptation de l’offre, lorsqu’elle est franche et rapide, est un bon signe.
Après l’accord : de l’acceptation de l’offre à la signature
Quand l’acheteur donne son acceptation de l’offre que vous avez formulée, tout n’est pas terminé. Vous entrez dans la phase la plus administrative de la procédure de vente, où une mauvaise coordination peut faire échouer une transaction pourtant bien négociée.
- Choisir le notaire et lui transmettre les documents du bien (titre de propriété, diagnostics, règlement de copropriété).
- Signer l’avant-contrat, en vérifiant que le prix, le délai et chaque condition suspensive correspondent à l’accord.
- Laisser courir le délai de rétractation de l’acquéreur, puis le délai de financement.
- Accomplir les démarches administratives : purge des droits de préemption, état hypothécaire, mainlevée d’un éventuel prêt, remise des clés prévue.
- Signer l’acte authentique et recevoir le prix.
Gardez à l’esprit qu’un accord de principe ne vous empêche pas de continuer à recevoir des visites tant que l’avant-contrat n’est pas signé, mais cela doit rester transparent vis-à-vis de l’acheteur si vous vous êtes engagé par écrit.
Anticiper les réactions des acquéreurs
Rappelez les caractéristiques du bien dans votre message si l’acheteur les a contestées. Une fois votre courrier parti, trois issues sont possibles. Mieux vaut les avoir imaginées avant d’écrire, car les réactions des acquéreurs conditionnent la suite de votre procédure de vente.
| Réaction | Ce que cela signifie | Comment répondre |
|---|---|---|
| Acceptation franche | L’acheteur adhère au prix et aux conditions | Remercier, confirmer par écrit et lancer l’avant-contrat sans tarder |
| Nouvelle proposition | Il se rapproche mais veut encore un geste | Évaluer l’écart restant ; une seconde concession doit rester plus petite que la première |
| Silence ou retrait | Il a trouvé autre chose, ou votre prix dépasse son budget | Relancer une fois, poliment, puis passer au candidat suivant |
| Demande de justification | Il cherche des arguments pour convaincre sa banque ou son conjoint | Fournir diagnostics, factures de travaux et comparables |
La seconde ligne est de loin la plus courante. Les réactions des acquéreurs reflètent souvent leur budget plus que leur envie : un candidat qui renégocie reste généralement intéressé. Une discussion en trois ou quatre échanges est un déroulé normal, pas un signe d’échec.
Soigner la communication avec l’acheteur
Le ton de vos échanges pèse autant que les chiffres. Une bonne communication avec l’acheteur repose sur trois habitudes : répondre vite, motiver chaque position en une phrase, et ne jamais laisser une question sans réponse. Évitez les messages vagues du type « je vais voir » : donnez une date à laquelle vous reviendrez vers lui. Cette communication avec l’acheteur, quand elle est transparente, installe une confiance qui compte beaucoup au moment où il faudra défendre votre prix de vente.
Rester ferme sans se fermer
Dans une vente immobilière, un vendeur qui explique pourquoi il refuse une baisse (travaux récents, emplacement, dossiers en concurrence) est mieux entendu que celui qui oppose un « non » sec. Dites ce que vous pouvez faire autant que ce que vous refusez : c’est cet équilibre qui maintient l’acheteur dans la conversation.
Valoriser le bien pendant la négociation
Anticipez aussi les démarches administratives, car un dossier complet rassure. Une bonne contre-proposition s’appuie sur des faits que l’acheteur peut vérifier. Listez les caractéristiques du bien qui justifient votre chiffre et classez-les par ordre d’importance : surface réelle, exposition, étage, état de la toiture ou de la chaudière, absence de gros travaux de copropriété à venir, stationnement. Chaque élément objectif qui réduit le risque pour l’acheteur justifie de maintenir votre prix de vente.
| Caractéristique du bien | Pourquoi l’acheteur y est sensible | Pièce à fournir |
|---|---|---|
| Travaux récents (toiture, électricité, isolation) | Évite une dépense immédiate | Factures et garanties |
| Diagnostic énergétique favorable | Réduit les charges et rassure sur l’avenir | Rapport de diagnostic en cours de validité |
| Charges de copropriété maîtrisées | Pèse sur le budget mensuel | Derniers appels de charges, procès-verbaux d’assemblée |
| Extérieur, parking, cave | Atouts rares qui se monnaient | Plan et titre de propriété |
Si l’acheteur invoque des défauts pour obtenir une réduction de prix, ne les contestez pas systématiquement. Reconnaissez ceux qui sont réels, chiffrez-les avec un devis si possible, et proposez une concession proportionnée plutôt qu’un rabais forfaitaire. Cette méthode, fondée sur des montants vérifiables, évite que la discussion ne devienne un marchandage sans fin.
Cas pratique : de l’offre au prix affiché à l’accord
Reprenons un exemple complet, entièrement fictif, pour visualiser les échanges. Un couple met en vente une maison à 400 000 € après une évaluation par deux agences. Ces chiffres sont des exemples pédagogiques.
| Jour | Événement | Détail |
|---|---|---|
| J | Première visite | Le candidat se dit intéressé mais n’agit pas |
| J + 4 | Offre à 360 000 € | Financement par prêt, signature souhaitée sous deux mois |
| J + 6 | Contre-proposition à 385 000 € | Valable cinq jours, signature de l’avant-contrat avant la fin du mois |
| J + 9 | Réponse de l’acquéreur à 375 000 € | Il demande un geste sur le calendrier |
| J + 10 | Accord à 380 000 € | Avant-contrat sous quinze jours, prêt à obtenir sous 45 jours |
Dans ce scénario, le vendeur n’a lâché que 5 % sur l’affichage, mais il a obtenu un calendrier serré et un financement encadré. Un autre candidat aurait pu déposer une offre au prix, c’est-à-dire sans demander de réduction ; dans ce cas, l’acceptation est évidemment plus simple, à condition de vérifier malgré tout le financement avant de signer.
Retenez que chaque palier vient avec une justification courte et un délai précis. C’est ce rythme, plus que le chiffre final, qui permet de garder la maîtrise de la négociation.
Que faire d’une proposition qui ne respecte pas vos critères
Certaines propositions ne méritent pas de contre-proposition. Si les critères de l’offre ne sont pas réalistes (financement flou, absence de justificatif, délais irréalisables), une réponse brève et courtoise suffit. Précisez les éléments qui manquent et invitez le candidat à revenir avec un dossier complet : s’il est sérieux, il le fera dans la journée.
Pour trancher, posez-vous trois questions simples. L’acheteur a-t-il un accord de principe de sa banque ? Son apport est-il cohérent avec le montant demandé ? Sa date de signature est-elle compatible avec vos propres échéances, notamment si vous devez acheter ailleurs ? Trois réponses positives justifient presque toujours d’ouvrir la discussion, même si le chiffre initial est décevant.
Il arrive enfin que plusieurs propositions arrivent en même temps. Si votre bien est diffusé par un réseau d’agences, vous aurez parfois plusieurs candidats simultanés. Plutôt que de répondre au hasard, informez chacun qu’il existe d’autres candidats et fixez une date commune pour recueillir les meilleures offres. Comparez-les ensuite sur quatre points : prix, solidité du financement, clauses de réserve et date de signature. Le plus offrant n’est pas toujours le plus sûr.
Les risques et les pièges à éviter pour le vendeur
La plupart des échecs ne viennent pas d’un manque de sérieux de l’acheteur, mais d’erreurs de méthode. Voici celles qui reviennent le plus souvent.
- Répondre à chaud : un refus agacé ou un chiffre lancé sans calcul fermera la discussion ou affaiblira votre position.
- Négocier contre soi-même : baisser le prix avant même d’avoir reçu une nouvelle offre de l’autre côté.
- Oublier le risque de perte de l’acheteur : tirer sur la corde trop longtemps fait fuir un candidat solide, qui ne reviendra pas.
- Ne pas fixer de délai : une proposition sans date limite laisse la porte ouverte indéfiniment.
- Accepter oralement : tout accord se confirme par écrit, sinon chacun garde sa propre version.
- Cacher un défaut du bien : un vice ignoré à la négociation resurgit à la signature, voire après, avec un risque de contentieux.
Il existe aussi un piège plus subtil : confondre fermeté et rigidité. Un vendeur qui refuse toute discussion en s’appuyant sur le prix affiché se prive des échanges qui permettent de découvrir ce qui compte réellement pour l’acheteur.
Pourquoi passer par un professionnel peut aider
Vendre seul est possible, mais la négociation est un exercice émotionnel : on y défend son logement, ses souvenirs et son projet. Un agent immobilier joue le rôle de tampon : il filtre chaque offre inférieure à l’affichage, vérifie le financement des candidats et formule les contre-propositions avec la distance nécessaire. Il connaît aussi les usages locaux et peut s’appuyer sur un réseau d’agences pour toucher des acquéreurs que votre annonce seule n’atteindrait pas.
Ce service a un coût, les honoraires, dont le montant et le répartiteur (vendeur ou acquéreur) figurent dans le mandat. Pour limiter le coût, comparez plusieurs propositions et lisez attentivement la durée d’exclusivité avant de signer : elle conditionne votre liberté de négocier ailleurs.
Points à retenir
Avant de répondre à votre acheteur, voici les points à retenir pour garder la main.
- Une contre-proposition est une nouvelle offre : elle annule la précédente et doit fixer sa propre durée.
- Préparez trois chiffres avant de répondre : prix espéré, prix acceptable, plancher.
- Écrivez tout, et privilégiez l’envoi en recommandé quand l’enjeu le justifie.
- Échangez chaque concession contre une contrepartie : délai, dépôt, absence de condition inutile.
- Adaptez votre message au profil de l’acquéreur, sans jamais mentir sur le bien.
- Un notaire ou un agent peut sécuriser les points juridiques avant que vous ne vous engagiez.
FAQ
C’est la réponse du vendeur à une offre qu’il n’accepte pas telle quelle : il propose à son tour un autre prix ou d’autres conditions. Elle remplace la proposition de départ et doit être acceptée par l’acheteur pour que la vente avance.
Dès que l’offre reçue est sérieuse mais ne vous convient pas, idéalement sous quelques jours. Si elle est manifestement trop basse ou non financée, un refus motivé peut être plus adapté.
Aucun délai légal ne s’impose : il se fixe librement dans votre courrier. Quelques jours constituent un repère courant, ce qui garde la discussion active sans mettre l’acheteur sous pression.
L’écrit est fortement conseillé, par exemple en main propre, par courriel via l’agence ou par recommandé avec accusé de réception, pour pouvoir prouver la date et le contenu de votre réponse.
Oui, tant qu’elle est valable : si l’acheteur l’accepte dans le délai, vous êtes tenu de poursuivre la vente aux conditions annoncées. L’avant-contrat vient ensuite formaliser tous les détails.
Pas librement avant la fin du délai que vous avez indiqué. Mieux vaut donc ne l’envoyer qu’après avoir arrêté votre plancher, et mentionner clairement une date d’expiration.
Informez chaque candidat de la situation et invitez-les à remettre leur meilleure proposition à une même date limite. Comparez ensuite non seulement les prix, mais aussi les conditions suspensives et la solidité du financement.
Elle dépend du marché local, de l’état du bien et de votre urgence. Un professionnel de votre secteur est le mieux placé pour vous donner un ordre de grandeur adapté à votre logement.