Décès, invalidité, incapacité de travail : au moment de signer un crédit immobilier, la banque impose presque toujours la souscription d’un contrat destiné à protéger le remboursement du prêt en cas de coup dur pour l’emprunteur ou sa famille. Mais derrière ce contrat se cache un empilement de garanties dont le contenu, les conditions et le coût varient fortement d’un assureur à l’autre. Comprendre à quoi correspond chaque garantie, laquelle est réellement exigée par la banque et laquelle reste facultative permet de faire un choix éclairé plutôt que de signer les yeux fermés le premier contrat proposé.
Qu’est-ce qu’une garantie d’assurance emprunteur ?
Une garantie correspond à un risque précis contre lequel l’assureur s’engage à indemniser, en cas de survenance d’un événement couvert : décès, invalidité, incapacité de travail ou, plus rarement, perte d’emploi. Chaque garantie fait l’objet d’une définition précise dans le contrat d’assurance, avec ses conditions de mise en œuvre, ses exclusions et ses limites.
Ce contrat associé à un crédit immobilier n’est donc pas un bloc unique : il s’agit d’un ensemble de garanties souscrites à la carte, selon le profil de l’assuré, la nature de l’achat et les exigences de l’établissement prêteur. L’étendue retenue déterminera à la fois la protection réelle de l’emprunteur et le montant qu’il paiera chaque mois pour cette couverture.
La notice d’information remise avant la signature détaille les risques couverts, les exclusions applicables et les modalités d’indemnisation propres à chaque risque. C’est ce document, et non la seule plaquette commerciale, qu’il faut lire attentivement avant de comparer deux offres.
Pourquoi la banque impose ces garanties
Aucun texte de loi n’oblige un particulier à souscrire une assurance de prêt pour acheter un bien immobilier. Dans les faits, aucune banque n’accepte cependant de financer un achat sans une couverture minimale : elle veut s’assurer que le crédit sera remboursé même si l’emprunteur décède, devient invalide ou se trouve dans l’incapacité de travailler. C’est donc l’établissement prêteur, et non la loi, qui fixe les conditions de souscription attendues et la liste des garanties minimales à réunir avant l’octroi des fonds.
Cette exigence s’accompagne d’une notion technique essentielle : la quotité assurée, c’est-à-dire la part du capital couverte pour chaque co-emprunteur. Un couple peut par exemple s’assurer à 100 % chacun, ou répartir la couverture à 50/50 selon les revenus de chacun. Ce choix influence directement le niveau de protection de la famille et le montant des cotisations, bien avant même de comparer les garanties proposées par les différents contrats d’assurance du marché.
Les garanties obligatoires exigées par la banque
Pour un achat de résidence principale, le socle attendu comprend en général quatre garanties : décès, perte totale et irréversible d’autonomie, invalidité et incapacité de travail. Chacune répond à un événement précis de la vie de l’emprunteur, avec ses propres règles de déclenchement.
La garantie décès
La garantie décès est la plus simple à comprendre : si l’assuré décède avant la fin du crédit, l’assureur verse à la banque les sommes dues, dans la limite du montant et de la quotité assurés. Les proches n’ont alors plus à supporter la charge du crédit, ce qui explique pourquoi cette garantie figure dans la quasi-totalité des contrats, quel que soit le profil de l’emprunteur.
La garantie perte totale et irréversible d’autonomie
La garantie perte totale et irréversible d’autonomie, souvent désignée par son sigle PTIA, s’applique lorsque l’assuré se trouve définitivement incapable d’exercer une activité rémunératrice et a besoin de l’assistance d’une tierce personne pour les actes ordinaires de la vie courante. Comme pour le décès, l’indemnisation prend la forme d’un remboursement des sommes dues à la banque. Cette garantie est presque toujours associée à la garantie décès dans un même bloc contractuel, tant les critères médicaux qui la déclenchent sont proches.
Invalidité permanente totale et invalidité permanente partielle
L’invalidité permanente totale couvre l’emprunteur dont le taux d’invalidité reconnu par le médecin-conseil de l’assureur est égal ou supérieur à un seuil fixé au contrat, généralement 66 %. L’indemnisation correspond alors, selon les contrats, à une prise en charge totale ou partielle des échéances, voire au remboursement du capital restant.
L’invalidité permanente partielle intervient pour un taux inférieur à ce seuil, le plus souvent entre 33 % et 66 %. Elle donne lieu à une indemnisation proportionnelle, calculée selon une formule contractuelle qui tient compte du taux constaté par l’expertise médicale. Ces deux garanties sont complémentaires : l’une prend le relais de l’autre selon la gravité du handicap reconnu.
Formule courante d’indemnisation en cas d’invalidité partielle :
Indemnité = (Taux d’invalidité constaté / Seuil contractuel) × Échéance ou capital garanti.
L’incapacité temporaire de travail
Cette garantie couvre les arrêts consécutifs à une maladie ou un accident, lorsque l’assuré ne peut plus exercer son activité professionnelle de façon temporaire. Elle prend en charge, après un délai de franchise propre à chaque contrat, le paiement de tout ou partie des échéances pendant la durée de l’arrêt. Certains contrats appliquent en plus, au tout début de la couverture, un délai avant que la garantie incapacité temporaire de travail ne devienne mobilisable pour une pathologie donnée.
Tableau comparatif des cinq garanties du socle
Le tableau ci-dessous résume, pour chaque garantie du contrat, l’événement couvert et la nature de l’indemnisation habituellement prévue. La garantie décès et la garantie perte totale et irréversible d’autonomie fonctionnent selon la même logique de remboursement intégral, tandis que l’invalidité permanente totale, l’invalidité permanente partielle et l’incapacité temporaire de travail répondent à des situations plus progressives.
| Garantie | Événement couvert | Indemnisation habituelle |
|---|---|---|
| Décès | Décès de l’assuré avant la fin du crédit | Remboursement du capital restant dû à la banque |
| PTIA | Perte totale et irréversible d’autonomie, assistance d’une tierce personne nécessaire | Remboursement des sommes dues à la banque |
| IPT | Taux d’invalidité supérieur au seuil contractuel (souvent 66 %) | Prise en charge totale ou partielle des échéances, ou capital restant |
| IPP | Taux constaté par expertise médicale (souvent entre 33 % et 66 %) | Indemnisation proportionnelle au taux constaté |
| ITT | Arrêt de travail temporaire consécutif à une maladie ou un accident | Prise en charge des échéances après délai de franchise |
Les garanties optionnelles à connaître
Au-delà de ce socle, chaque assureur propose des options facultatives qui élargissent les risques couverts. Le choix de ces garanties supplémentaires dépend surtout de la situation professionnelle et personnelle de l’emprunteur, et non d’une exigence bancaire systématique.
| Option facultative | Intérêt principal | Public concerné |
|---|---|---|
| Perte d’emploi | Prise en charge partielle des échéances après licenciement, sous conditions d’indemnisation souvent strictes | Salariés en CDI avec ancienneté suffisante |
| Hospitalisation | Complément à l’ITT pendant un séjour hospitalier prolongé | Tous profils, utile en complément de l’ITT |
| Extension psy / dos | Réintègre des pathologies souvent exclues du socle de base | Professions exposées au stress ou aux troubles musculo-squelettiques |
| Assistance et services | Accompagnement pratique de la famille pendant le sinistre | Tous profils |
Un niveau de garantie plus étendu se traduit toujours par une cotisation plus élevée. L’enjeu n’est donc pas de cumuler toutes les options facultatives possibles, mais de retenir celles qui correspondent réellement à l’exposition au risque de l’emprunteur, sans payer une cotisation d’assurance supérieure à ce que sa situation justifie réellement.
Comment choisir son niveau de garantie selon son profil
Le contrat le moins cher n’est pas toujours le plus adapté. Le choix des garanties doit tenir compte du profil d’emprunteur dans son ensemble : âge, profession, état de santé, quotité assurée sur chaque tête en cas d’emprunt à deux, et nature du bien financé.
| Profil d’emprunteur | Point de vigilance |
|---|---|
| Indépendant, profession libérale | Renforcer l’ITT et l’IPP, faute de prévoyance collective équivalente à celle d’un salarié |
| Salarié en CDI | Le socle décès, PTIA, IPT, IPP couvre souvent l’essentiel, la perte d’emploi restant une option à évaluer |
| Emprunteur senior | Attention aux exclusions liées à l’âge et à la tarification, plus élevée après 55-60 ans |
| Antécédent médical | Vérifier l’accès à la convention AERAS et le montant d’une éventuelle surprime |
Pour un emprunt à deux, le choix de la quotité mérite une attention particulière : une répartition à 100 % sur chaque tête garantit le remboursement intégral du crédit quel que soit celui des deux co-emprunteurs qui serait touché par un sinistre, mais elle double logiquement le montant total des cotisations. Une répartition à 50/50, moins coûteuse, ne couvre en revanche que la moitié du capital en cas de sinistre touchant un seul des deux emprunteurs, laissant le survivant assumer seul le solde restant. Entre ces deux extrêmes, une répartition proportionnelle aux revenus de chacun, par exemple 60/40 ou 70/30, permet souvent de trouver un équilibre cohérent avec la contribution réelle de chaque co-emprunteur au remboursement mensuel du crédit.
Avant la souscription, l’assureur demande de répondre à des questions de santé, sous forme de questionnaire médical ou, pour les capitaux les plus élevés, d’une évaluation médicale plus poussée incluant parfois un bilan sanguin. Un profil à risque, du fait d’un antécédent ou d’une pratique sportive classée dangereuse, peut entraîner une surprime ou une exclusion ciblée sans empêcher l’accès à une couverture adaptée : la convention AERAS prévoit justement un examen renforcé des dossiers présentant un risque aggravé de santé, afin de proposer malgré tout un contrat d’assurance viable. Ce même profil à risque étant apprécié différemment d’un assureur à l’autre, mieux vaut répondre avec précision aux questions de santé posées plutôt que d’omettre un antécédent qui serait de toute façon découvert en cas de sinistre.
Exclusions de garantie et délai de carence : ce qu’il faut vérifier
Aucun contrat ne couvre l’ensemble des situations possibles. Les exclusions de garantie, énumérées dans les conditions générales, écartent certains événements du champ de l’indemnisation : pratique de sports à risque non déclarée, tentative de suicide au cours de la première année, ou encore certaines pathologies préexistantes non signalées lors de la souscription.
Le délai de carence correspond à la période, généralement de quelques mois après la signature, pendant laquelle un sinistre ne donne droit à aucune indemnisation même s’il entre dans le champ des risques couverts. Il ne faut pas le confondre avec le délai de franchise, qui s’applique ensuite, à chaque arrêt de travail, avant que les indemnités ne soient réellement versées.
Lire ces clauses avant de signer évite bien des déconvenues : deux contrats affichant le même intitulé de garantie peuvent, en réalité, couvrir des périmètres très différents selon les exclusions de garantie retenues, la durée du délai de carence appliqué et les conditions d’indemnisation précises de chaque risque.
Le coût des garanties : cotisation et frais d’assurance
Le prix d’un contrat dépend directement du nombre et de l’étendue des garanties souscrites. La cotisation d’assurance se calcule le plus souvent sur le capital initial emprunté, avec un taux fixe pendant toute la durée du prêt, ou sur le capital restant dû, avec une cotisation dégressive dans le temps, selon la formule retenue par l’assureur.
Prenons un exemple purement illustratif pour comprendre l’ordre de grandeur des écarts possibles. Imaginons un couple de quarante ans empruntant 250 000 € sur 20 ans, assuré à 100 % chacun avec les mêmes garanties de base :
| Garanties souscrites | Cotisation mensuelle estimée | Coût total sur 20 ans (exemple) |
|---|---|---|
| Décès + PTIA seules | Environ 25 € | Environ 6 000 € |
| Décès + PTIA + IPT + IPP | Environ 45 € | Environ 10 800 € |
| Décès + PTIA + IPT + IPP + ITT | Environ 70 € | Environ 16 800 € |
Ces montants sont des exemples pédagogiques construits pour illustrer la logique de tarification, pas une moyenne de marché : le taux d’assurance emprunteur réel dépend de l’âge, de l’état de santé, du montant emprunté et de l’assureur retenu, et doit systématiquement être vérifié auprès de l’assureur avant tout engagement. La cotisation mensuelle effective peut donc s’écarter sensiblement de ces ordres de grandeur, à la hausse comme à la baisse, et cette cotisation d’assurance doit toujours être comparée à garanties strictement identiques d’un contrat à l’autre. Les frais d’assurance peuvent aussi varier du simple au double entre le contrat groupe de la banque et un contrat en délégation, pour des garanties par ailleurs comparables.
Un indicateur permet de comparer plus facilement deux offres sur une base commune : le taux annuel effectif de l’assurance (TAEA), qui exprime le coût de la cotisation en pourcentage du capital emprunté et figure obligatoirement dans la fiche standardisée d’information remise avant la souscription. Comparer ce taux plutôt que le seul montant de la cotisation mensuelle affichée permet d’éviter les effets d’optique liés à des durées de prêt différentes.
Loi Lemoine, délégation d’assurance et droit à l’oubli
Depuis la loi Lemoine du 28 février 2022, tout emprunteur peut résilier et changer d’assurance à tout moment, sans frais et sans attendre la date anniversaire du contrat, à condition que le nouveau contrat propose des garanties équivalentes à celles exigées par la banque. Cette liberté de choix d’assureur s’exerce aussi bien au moment de la souscription initiale qu’en cours de vie du crédit.
La délégation d’assurance consiste précisément à souscrire son contrat d’assurance auprès d’un assureur autre que celui proposé par la banque, dès l’origine du crédit ou en substitution ultérieure. Cette option permet souvent de réduire sensiblement les frais d’assurance, à garanties équivalentes, en s’écartant du contrat collectif standardisé de l’établissement prêteur ; certains courtiers spécialisés accompagnent d’ailleurs les emprunteurs dans cette démarche.
La loi Lemoine a par ailleurs supprimé le questionnaire médical pour les prêts dont la part assurée par personne reste inférieure à 200 000 € et dont l’échéance intervient avant le soixantième anniversaire de l’assuré. Elle a également réduit à cinq ans le droit à l’oubli pour les anciens malades du cancer ou de l’hépatite C, contre dix ans auparavant : passé ce délai depuis la fin du protocole thérapeutique, l’assuré n’a plus à déclarer cet antécédent. Ce même droit à l’oubli s’applique quel que soit l’assureur finalement choisi, y compris en cas de changement ultérieur d’assureur. Ces seuils étant susceptibles d’évoluer, il reste utile de les vérifier auprès de son assureur au moment de la souscription.
Contrat groupe ou délégation : comparer et faire une demande de devis
Le contrat groupe proposé par la banque repose sur une mutualisation des risques entre tous ses clients emprunteurs, avec une souscription collective et une tarification souvent peu différenciée selon l’âge. À l’inverse, un contrat individuel obtenu en délégation d’assurance tient compte plus finement du profil de chaque assuré, ce qui peut se traduire par une cotisation plus basse pour un emprunteur jeune et en bonne santé, mais parfois plus élevée pour un profil senior ou présentant un risque aggravé de santé.
Pour comparer sérieusement deux offres, il convient d’adresser une demande de devis détaillée à plusieurs assureurs, en précisant le montant emprunté, la durée du crédit, la quotité souhaitée et le niveau de garantie exigé par la banque. Chaque demande adressée doit porter sur des garanties strictement comparables, faute de quoi l’écart de prix affiché ne reflète qu’une différence de périmètre plutôt qu’un vrai gain financier. Une troisième demande de devis, réalisée quelques années après la signature initiale, permet aussi de vérifier que le contrat reste compétitif dans la durée.
Le choix d’assureur ne doit donc jamais se limiter au seul montant de la cotisation affichée : la qualité de la gestion des sinistres, la clarté des exclusions de garantie et la solidité financière de l’assureur comptent tout autant qu’un tarif attractif au moment de la souscription.
Racheter son crédit immobilier : que devient l’assurance ?
Un rachat de crédit auprès d’une autre banque, ou une renégociation du taux auprès de l’établissement initial, s’accompagne presque toujours de la mise en place d’un nouveau contrat, distinct de celui souscrit à l’origine. C’est l’occasion, souvent négligée, de revoir entièrement le niveau de protection retenu plutôt que de reconduire par habitude les mêmes garanties que celles du prêt initial.
L’âge de l’emprunteur ayant généralement augmenté entre les deux opérations, la tarification proposée par le nouvel établissement peut s’avérer moins favorable qu’au moment de la première signature, même à garanties identiques. Comparer systématiquement plusieurs offres avant de valider le rachat permet d’éviter qu’une opération motivée par une baisse de taux ne soit finalement neutralisée par une hausse du coût de la couverture emprunteur.
Dans certains cas, il reste possible de conserver l’assureur initial tout en faisant racheter le prêt par une autre banque, si les garanties proposées restent conformes aux exigences du nouvel établissement prêteur. Cette continuité évite de repasser par un nouveau questionnaire médical si l’état de santé de l’emprunteur s’est dégradé depuis la première souscription, ce qui peut représenter un avantage décisif pour un profil devenu plus fragile avec le temps.
Souscrire son contrat : démarches et documents requis
Les conditions de souscription varient selon que l’assurance est proposée en souscription collective, via le contrat groupe négocié par la banque pour l’ensemble de ses clients, ou en contrat individuel négocié en délégation. Dans les deux cas, l’assureur demande un socle de documents requis avant d’établir son offre définitive : pièce d’identité, questionnaire de santé complété, justificatifs de revenus et, selon le montant emprunté, résultats d’examens médicaux complémentaires.
Une fois l’offre acceptée, le contrat d’assurance précise la quotité assurée sur chaque tête, le capital garanti et les modalités de prise en charge en cas de sinistre. Ces documents requis pour la mise en place définitive doivent être relus attentivement avant signature, car ils déterminent directement le niveau de protection réel de l’emprunteur et de ses proches.
Que se passe-t-il en cas de sinistre ?
En cas de décès ou de PTIA, l’assureur verse directement à la banque le capital restant dû, ce qui met fin au crédit sans intervention des héritiers. Cette protection des héritiers est d’ailleurs l’une des principales raisons d’être de l’assurance de prêt immobilier : sans elle, le remboursement du prêt resterait à la charge de la succession, parfois dans un contexte déjà difficile pour la famille.
Pour l’ITT et l’IPP, la déclaration de sinistre déclenche une expertise médicale, puis le versement des indemnités selon les modalités prévues au contrat, une fois les délais contractuels écoulés. Certains assureurs proposent en parallèle une assistance financière ponctuelle, distincte de l’indemnisation contractuelle, pour accompagner l’assuré ou sa famille pendant la période de sinistre. Cette assistance financière ne remplace jamais la prise en charge du remboursement du prêt prévue par les garanties principales, mais elle en complète utilement les effets au quotidien tout en renforçant la protection des héritiers dans les situations les plus lourdes.
La déclaration de sinistre doit être adressée à l’assureur dans le délai fixé par le contrat, le plus souvent entre quinze jours et trois mois selon la nature de l’événement, accompagnée des pièces justificatives demandées : certificat médical, arrêt de travail ou acte de décès selon le cas. Le médecin-conseil de l’assureur peut ensuite demander des examens complémentaires avant de valider la prise en charge, ce qui explique que le délai d’indemnisation varie généralement de quelques semaines à plusieurs mois pour les dossiers les plus complexes.
En cas de désaccord sur le niveau d’invalidité retenu par l’expertise médicale ou sur un refus d’indemnisation, l’assuré peut demander une contre-expertise à ses frais, puis saisir le médiateur de l’assurance si le différend persiste. Cette voie de recours, gratuite et relativement rapide, permet souvent de débloquer un dossier sans passer par une procédure judiciaire plus longue et plus coûteuse.
Le cas particulier de l’investissement locatif
Pour un investissement locatif, l’analyse du besoin de couverture diffère sensiblement de celle d’une résidence principale. Les loyers perçus constituent en effet une source de remboursement en cas de baisse de revenus professionnels, ce qui conduit certains investisseurs à réduire la quotité assurée ou à limiter les garanties souscrites au socle décès et PTIA, sans aller jusqu’à l’IPT, l’IPP ou l’ITT. Ce choix n’est toutefois pas sans risque : en cas de vacance locative prolongée ou de sinistre touchant plusieurs biens à la fois, l’absence de garantie décès complète peut mettre en péril l’équilibre financier de l’opération.
Certains investisseurs expérimentés, forts d’un patrimoine déjà constitué, choisissent de limiter leur assurance emprunteur au minimum exigé par la banque, en misant sur leur capacité d’épargne pour absorber un éventuel sinistre. Cette stratégie reste réservée à des profils solides financièrement : pour un premier investissement locatif, mieux vaut conserver un socle de garanties proche de celui d’une résidence principale, quitte à l’ajuster ensuite au fil des opérations suivantes.
Lorsque l’achat est réalisé via une société civile immobilière, la question se complique encore : la banque exige alors une couverture sur la tête de chaque associé caution, avec une répartition de la quotité qui ne correspond pas toujours à la répartition des parts sociales. Il est donc essentiel de vérifier, dès l’origine, que la protection retenue correspond réellement à l’exposition financière de chaque associé en cas de décès ou d’invalidité de l’un d’entre eux.
Financer un achat immobilier sans assurance emprunteur : est-ce possible ?
Techniquement, aucune disposition légale n’impose de souscrire une assurance emprunteur pour obtenir un crédit immobilier. Un emprunteur disposant d’un patrimoine suffisant peut en théorie proposer d’autres garanties à la banque : nantissement d’une assurance-vie, gage sur des valeurs mobilières, ou garantie hypothécaire renforcée sur un bien déjà détenu.
Dans la pratique, cette hypothèse reste marginale. Les établissements prêteurs exigent presque systématiquement une couverture décès et invalidité pour tout crédit destiné à financer une résidence principale, quel que soit le patrimoine de l’emprunteur, car leur politique de gestion des risques ne repose pas uniquement sur la valeur du bien financé. Certaines banques peuvent néanmoins accepter une quotité réduite, voire une dispense partielle de garantie ITT, pour un emprunteur très fortuné ou pour un second crédit adossé à un patrimoine déjà couvert sur un premier prêt.
Renoncer à toute couverture reste donc une option théorique plus qu’une réalité accessible à la majorité des emprunteurs : mieux vaut, dans l’immense majorité des cas, consacrer son énergie à comparer les contrats plutôt qu’à chercher à s’en dispenser.
Erreurs fréquentes à éviter au moment de choisir ses garanties
Plusieurs pièges reviennent régulièrement lors du choix des garanties d’un crédit immobilier. Le premier consiste à comparer uniquement le taux affiché sans vérifier que les garanties proposées sont réellement équivalentes : un contrat moins cher peut appliquer un seuil de déclenchement plus élevé pour l’invalidité ou des exclusions plus larges, ce qui réduit d’autant la protection réelle en cas de sinistre.
Le second piège touche au questionnaire de santé : sous-estimer ou omettre un antécédent pour obtenir un tarif plus favorable expose à un risque de nullité du contrat au moment précis où la garantie serait censée jouer, c’est-à-dire le pire moment possible pour le découvrir. Mieux vaut assumer une surprime éventuelle que perdre toute couverture le jour où elle devient nécessaire.
Enfin, beaucoup d’emprunteurs négligent de reconsidérer leur contrat après la souscription initiale. Un changement de situation professionnelle, une amélioration de l’état de santé après un délai suffisant, ou simplement l’apparition d’offres plus compétitives sur le marché sont autant d’occasions de renégocier ses garanties sans attendre l’échéance du prêt. Ce réflexe de vérification périodique, trop souvent oublié, permet pourtant de réaliser des économies significatives sur la durée totale du crédit.
Ce qu’il faut retenir avant de choisir ses garanties
Le socle décès, PTIA, IPT, IPP et ITT constitue la base exigée par la plupart des banques pour un achat de résidence principale ; les garanties optionnelles, comme la perte d’emploi, s’ajoutent selon le profil et le budget de l’emprunteur.
Comparer plusieurs devis, vérifier les exclusions de chaque contrat d’assurance et ne pas hésiter à changer d’assureur quand une meilleure offre existe restent les meilleurs moyens de sécuriser son crédit sans payer plus que nécessaire pour une couverture équivalente à celle attendue par la banque.
Questions fréquentes sur les garanties de l’assurance de prêt
C’est la couverture d’un risque précis (décès, invalidité, incapacité de travail) prévue par le contrat, avec ses propres conditions de mise en œuvre et ses exclusions, qui déclenche une indemnisation de la banque en cas de sinistre.
Décès et PTIA remboursent le capital restant dû en cas de décès ou de perte totale d’autonomie ; IPT et IPP indemnisent selon le taux d’invalidité constaté ; l’ITT prend en charge les échéances pendant un arrêt de travail temporaire.
Aucune garantie n’est imposée par la loi, mais les banques exigent presque toujours décès, PTIA, IPT et IPP pour une résidence principale, l’ITT étant parfois négociable selon le profil de l’emprunteur.
La perte d’emploi, l’hospitalisation ou certaines extensions liées aux troubles psychiques ou au dos figurent parmi les options facultatives, à souscrire selon le besoin réel et le budget de l’emprunteur.
Il faut tenir compte de l’âge, de la profession, de l’état de santé et de la quotité assurée sur chaque tête : un indépendant a par exemple souvent intérêt à renforcer l’ITT et l’IPP, faute de prévoyance collective équivalente à celle d’un salarié.
Oui : sports à risque non déclarés, pathologies préexistantes non signalées ou tentative de suicide en première année figurent parmi les exclusions courantes, tout comme le délai avant lequel un sinistre ne peut pas être indemnisé après la signature.